vendredi 5 septembre 2008

Absolument relatif.


Comme dirent naguère de grand philosophes: "Le cul c'est bon! Et si le cul c'est bon mais que le cul c'est mal. Alors le mal? LE MAL C'EST LE BIEN!"

Il semblerait que l'existentialisme soit un humanisme. Inversement égal, proportionnel et équilatéral.
Donc si j'ai bien compris ce escroc coquin de Jean-Paul: l'humanisme existe en sa liste, l'existentialiste est animaliste.
L'homme étant condamné à la liberté (enfer et damnation!), l'existence précédant l'essence (thèse ayant tendance à s'inverser proportionnellement avec l'augmentation du prix du baril), dans le mesure où Dieu est mort, où chaque homme est responsable de ses actes devant la cour martiale de sa conscience, mais reproduit les conneries du passé dans un schéma cyclique.
De plus, l'hindouisme et le bouddhisme étant cool.
J'en arrive, après une profonde introspection, la consultation de mon poster de Tupac, la lecture parallèle de Sartre et de Houellebecq ainsi que de la quatrième de couverture de mon livre de philo de term', 3 verres de rhum et un grand manque de sommeil, à la conclusion positive et optimiste suivante: No one.Ever.Really.Dies.

Un chat retombe toujours sur ses pattes.CQFD.

vendredi 29 août 2008

Music Makes Me Loose Control








Danse
, n.f: Enchainement de pas et de mouvements du corps effectués en rythme sur une musique.

Là-dessus je pense que tout le monde est d'accord. Néanmoins qu'est-ce qui définit un bon danseur d'un mauvais? La danse est sans doute l'art le moins palpable, le plus subjectif. Car même si on pourra toujours juger le côté technique, il s'agit avant tout d'un question de feeling, de communication corporelle. J'ai toujours cru comprendre que les danseurs savaient parler une langue à part entière, voulaient nous faire passer un message...


Bien sûr, pour ceux qui on un peut suivi l'histoire: petit, je voulais être athlète. Çà c'était mon rêve plausible, réalisable, logique. Mais quand on est jeune, il y a toujours une catégorie de personnes que l'on place au-dessus du lot, sur laquelle on est incollable, que l'on admire comme des demi-dieux. Moi c'était les danseurs hip-hop.
Tout le monde a un jour ou l'autre admiré des breakeurs dans leurs acrobaties multiples, moi le premier. Mais très rapidement, j'ai compris que ce n'était pas là que je trouverait ma source d'inspiration ultime. J'aspirais à plus de grâce, moins de force brute. C'est donc vers la danse hip-hop debout que je me suis tourné.
Malheureusement je n'ai jamais été, et ne serais jamais un danseur. J'ai mis 5 ans à me lancer dans l'athlé alors que j'avais tout pour réussir, alors n'imaginez pas que j'allais devenir danseur alors que je que ma réserve de talent artistique est fortement limitée. Alors comme souvent, comme presque TOUJOURS: j'ai observé.


Oui j'ai vu de la danse, avec boulimie. A 13, 14 ans les seules soirées auxquelles j'avais le droit d'aller c'était les battles de hip-hop. C'était notre seul échappatoire à la linéarité de l'emploi du temps scolaire, les autres avaient leurs matches de foot du samedi soir ou leurs concert de Kyo, de Tryo, d'Oxmo Puccino, ou d'autres conneries qui finissent en O. Nous on s'enfermaient dans des salles de MJC pour voir nos idoles à nous. Les premières fois, c'étaient sous la surveillance de parents un peu inquiets, mais qui on vite compris qu'il y avaient moins de gens mal intentionnés dans un spectacle de danse que dans un concert de pop pour ados.
Ayant eu la chance de connaitre la période d'effervescence de la danse à Rennes, au tournant des années 2000, on parcourt de plus en plus de kilomètres pour suivre des danseurs dont la renommée devient parfois mondiale. Ça m'a toujours fasciné d'avoir des types de mon quartier ou même de ma classe, aller faire un show à Tokyo, Séoul, L.A ou Miami. Mais il le faisaient avec autant d'émerveillement que nous, c'étaient encore des gosses, des vrais, pas les BB Brunes...

La danse debout ce n'est pas le "smurf" ou "faire le robot", mots à bannir de votre vocabulaire illico presto, merci. Non, la danse debout c'est un art à part entière. Présent depuis bientôt 40 ans, puisant dans des origines plus lointaines que le sacro-saint breakdance new-yorkais. Les vieux funkystyles: le poppin', le locking' et le boogaloo sont des vraies institutions, surtout outre-atlantique. Je ne vais pas vous compter leur histoire, Wikipédia le ferait encore plus mal que moi, je vous conseille de vous entretenir avec un danseur expérimenté qui dansait déjà au siècle dernier, la passion dans son récit retiendra votre attention.
Il est très réducteur de mettre toutes les danses debout dans le même sac, mais cet article est déjà assez long comme ça.
Ce qui m'a toujours fasciné dans ces danses, c'est l'état d'esprit. C'est vraiment Funky. Et pour une fois, ce terme est employé à bon escient. On peut y observer une réelle survivance 70's/80's. Ce sourire accroché au visage des danseurs, cette expressivité, ces mouvements de bassins, cette fausse naïveté, ce positivisme typique de la période. Cette façon de connaitre chaque "micro-beat" de toutes les chansons de Funk et d'y apposer le mouvement adéquat. Un amour inconditionnel de la bonne musique, un véritable sens du spectacle où le sol devient scène.

On aurait pu reprocher à ce mouvement artistique un côté élitiste, sectaire, avec cette tendance à intellectualiser la danse. Un mouvement qui diffère beaucoup de la scène breakdance, mais les deux reste avant tout du hip-hop, avec les mêmes valeurs absolues. Toujours est-il que je conseille vivement à tout le monde d'essayer de cerner cette mouvance d'un peu plus près. Les néophytes ne doivent pas craindre de franchir les portes d'un battle.

Bien sûr on ne peut pas parler de danse sans parler de l'evènement mondial: LE JUSTE DEBOUT annuel. Depuis cette année, l'événement se déroule à Bercy devant des milliers de spectateurs. Perdant pour beaucoup son côté underground qu"il avait les années précédentes.
J'ai toujours trouvé ça idiot cette notion d'underground. Ça bloque énormément de chose dans l'art. Bien sûr que l'ambiance est meilleure dans une petite salle où tout le monde est proche des danseurs. Mais la seule façon d'exporter les valeurs d'un mouvement est de le porter sur le devant de la scène et d'en faire la promotion et déformant les valeurs originelles le moins possible. J'emmerde l'underground, un des concept les plus idiots de l'art contemporain. Je me le permet parce que j'ai fréquenter les salles crasseuses de quartier plus que certaines autres. Croire que les types qui dansent dans les caves, qui chantent devant leur potes ou qui dessinent sur leur bureau n'aspirent pas à plus de reconnaissance: c'est une connerie bobo.
Surtout que le Juste Debout fût un superbe show, quoique d'une longueur déconcertante pour beaucoup (à peu près 12h de danse non-stop); on y retrouvait les plus grands danseurs de funkystyle ainsi que de la HouseDance et du NewStyle. L'esprit de la danse n'y était pas déformé tant que ça, même si on peut regretter la distance (pas seulement physique) qui séparait alors les spectateurs des danseurs. Car dans un "vrai" battle, tout le monde est plus où moins acteur à son échelle. Malgré tout, je conseille vivement à tout le monde d'y aller en 2009, muni de RedBull, de caféine ou pire, et surtout: d'un amour pour la danse.


Voilà, j'ai écrit à peu près 4% de ce que je voulais dire, résumer n'est pas mon fort. Je vous laisse donc avec de la danse en vidéo. Faites un effort, je sais que les vidéos ça peut rebuter, mais là il s'agit d'un propos qu'on ne peut saisir si il n'est pas illustré en mouvement. (Vidéo qui reflète plutôt symboliquement que représentativement ma passion pour la danse debout):


- 1 cours passage du popper Richard (qualité vidéo faible), 1 passage du Rennais Iron Mike, dont on reste les premiers fan. Danseur atypique, très grand technicien.

- 1 passage des Twins Criminalz en NewStyle au JD 2008. Ceux qu'on a accusé de "MTViser", de "Rize-ifier" la danse, on tout de même retourné Bercy.
-Comme tout bon évènement funky, on fini avec un Soul Train!! Le Soul Train, c'est la quintessence de ce que j'aime. Au niveau musical, au niveau vestimentaire, au niveau capillaire au niveau humain. Certains de vos parents pourraient pleurer de nostalgie en voyant ces images. Moi je pleure de ne pas avoir vécu cette époque. Ça représente pour moi ce qu'est le Funk, ce qu'est la danse, voire la vie. Des noirs, des blancs, des jaunes, des grands, des petits, des gros, des pauvres, des riches, des blonds, des gays, des cadres, de dealers de cracks, des transsexuels, la West Coast, la East Coast, tous unis dans le même but: faire la fête dans ce Soul Train. Faire en sorte que ce train ne déraille jamais, c'est un peu aussi ma mission.





jeudi 21 août 2008

Usain Bolt est grand.


9.69 c'est énorme, 19.30: c'est surhumain. J'en suis encore secoué. J'ai pourtant le souvenir de Johnson à Atlanta 1996..mais là c'est autre chose. J'avoue que je voyais Bolt en 19.40, c'était le sous-estimer.

Enfin bref, je ne vais pas m'attarder sur un sujet qui va être rabâcher par les médias pendant des semaines. Car je ne vois pas ce que je pourrai y apporter de plus, si ce n'est un zeste de passion et d'admiration saupoudré de quelques données biomécaniques.

Seulement, l'homme le plus rapide du monde aura toujours à mes yeux un statut de super-héros.
Ce "petit Bolt" que je suis depuis des années, quand j'y repense ce type était mon mot de passe MSN il y a presque 3 ans; je vouais déjà un culte à son talent précoce. Tout observateur avisé se doutait depuis plusieurs années que Bolt allait exploser. Seulement entre avoir un potentiel et l'exploiter jusqu'au bout il y'a un grand pas que Bolt a franchi à presque 40km/h, très élégamment en plus.

[Je ne raccrocherai pas les pointes avant d'être à moins d'une seconde du record du monde. 10'69 pour moi l'année prochaine ou rien. Ça aurait dû être fait depuis longtemps.
Je ne jamais eu autant envie de recourir!

Une passion ne peut pas restée enfouie bien longtemps dans le cœur d'un passionné.]

mardi 19 août 2008

This is kinda GrOtEsQuE! D'ya know wadamin? [entracte provisoire]



"Je suis une grande romantique." C'était son argument ultime, sa parade universelle face à toutes mes attaques. Oui, j'étais du type offensif. Pas le genre de bout-en-train à lancer des vannes grasses soutenues par une voix de baryton. Plutôt du genre à distiller ça et là des petites piques invisibles à l'œil nu. Un acupuncteur verbal, pince-sans-rire de surcroit. Un poison conjugal, un saboteur social.
Je le savais mais n'y pouvais rien. Je n'étais pas foncièrement méchant pourtant. Mais idéaliste et comas idylliques ne font pas bon ménage. Les stigmates sont tenaces chez l'homme malléable, ancrées comme un trace de doigt dans de la pâte à modeler qui aurait séchée au soleil.

Aigri? Non, je n'irais pas jusque là. Seulement je n'avais plus cette enthousiasme naïf de mes 20 ans. Cette force sourde qui vous pousse vers l'avant à toute vitesse, ce moteur qui vous lâche en plein milieu de l'autoroute de la vie.
Elle était "une grande romantique". Je me rappelle de la première fois où elle avait prononcer cette phrase. Je lui avait demandé si elle était fan des Boys 2 Men ou de Slow Jams mielleux. Elle m'avait répondu très sèchement avec son accent du Tennessee dissimulé temps bien que mal : "darling, je te parle de romantisme au sens classique, dans l'acception Chateaubriandesque du terme".
J'avais éclaté de rire, pour la première et dernière fois. Une de nos plus fameuse disputes. Les américains n'ont pas le sens du second degré.
Dès que je la contrariais sur un sujet intellectuel, elle me parlait d'un certain professeur de littérature qui enseignait à Paris 2 Panthéon-Assas ( sorti de sa bouche je n'avais jamais entendu un mot comporter autant de S!). Elle était incapable de dire simplement: la fac.
Je crois que je ne l'aimais pas. Seulement j'étais du type passif, résigné. Je faisais avec.
Jusqu'à ce jour fatidique.
Elle m'annonçait qu'elle avait une envie de Belgique. Envie à laquelle je répondis maladroitement, j'en conviens: "envie de Léon à Bruxelles ou plutôt de Jeff à Bruges? Non, d'Ann Demeulemesteer. Ce nom m'évoqua tout simplement un fromage. Nous étions de deux monde différents.
Cette histoire pris fin dans ce Thalys de 10h42 pour Bruxelles-Midi, alors que je laissais filer vers se plat pays mon américaine à la chevelure épaisse avec pour seuls bagages: sa blondeur, sa beauté glaciale, ses traits réguliers, sa rigidité cadavérique et ses larges hanches. Adieu ma Frigide Barjot! Adieu, je ne serais plus jamais le ying de ton yang; à moins que ce ne soit le contraire.
Je lui envoyait un ultime et pathétique baiser, qu'un agent de quai flamand interpréta pour sa propre personne.
J'étais le genre de type qui rattrapais les filles par le bout de la manche quand elles s'en allaient, boudeuses, loin de moi. Je cédais facilement, la vie avait fait de moi un suiveur. Mon amour propre était comme mon cordon ombilical, j'ai pleuré et saigné quand on me l'a coupé, sa disparition a laissé des traces indélébiles, il a fini à la poubelle et je ne l'ai plus jamais revu. Je me devais donc de fermer le rideau avec autant de classe que je l'avait ouvert.
Oui car j'avais séduit ma belle grâce à la fameuse et infaillible "technique de Mufasa" qui consiste à regarder Le Roi Lion avec sa future proie et à la consoler de façon très affectueuse à la mort du père de Simba. Infaillible. Une grande, TRES grande romantique je vous dis. J'avais encore une botte secrète pour la rattraper: la fameuse tirade de Perdican. Je n'ai pas fais les choses à moitié, car on ne badine pas avec l'amour.
J'ai laborieusement découpé des grosses lettres dans un tas de magasines et lui ai envoyé ce qui suit. Que ce fût long!
"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."
Elle n'a jamais répondu. Je la croyais pourtant GRANDE ROMANTIQUE. Je n'avais pas compris cette femme, plus étrangère que jamais. Je n'avais sûrement pas saisi la nuance, le sens CHA-TEAU-BRI-AN-DESQUE! Avec l'accent du Tennessee siouplait!

vendredi 15 août 2008

La seule façon d'être suivi, c'est de courir plus vite que les autres.






La vision d'athlètes sous les feux de la rampe pékinoise émoustille mon instinct fauve: courir.
Réminiscences physiologiques d'un temps perdu et pourtant proche. Je m'en souviens, c'est mon futur.
Je suis avant tout quelqu'un qui court. L'athlétisme comme la plus longue métaphore filée de ma vie.

Devant énormément au sport je me devais d'y consacrer quelques lignes. Moindre des reconnaissances...

Je ne suis pas allé à l'athlétisme, il est venu à moi. Progressivement, furtivement, comme une silhouette menaçante se rapprochant cahin-caha mais que je ne pouvais fuir...que je ne voulais pas fuir. Le genre de gueule de loup dans laquelle on se jette volontiers.
Non ce n'était pas la passion évidente d'un chanteur pour la musique ou d'un acteur pour le cinéma. Plutôt la fascination d'un pyromane pour le feu.
Cette expérience est le parfait reflet de ma personnalité. Une attirance que je n'arrivait pas à assumer. Oui petit j'aimais courir. Les enfants uniques ont souvent une imagination débordante et leur petit côté "autiste" leur permet de s'amuser d'un rien. Je n'échappais pas à la règle. En l'occurrence mon jeu préféré était la vélocité de mes jambes. Voir la rapidité avec laquelle je ralliais la salle de classe à la cantine me donnait une impression de liberté...il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux.

Avec l'âge de la raison viens un âge plus social où la place de l'autre grandit dans notre esprit. Petit déjà on parait et veut plaire, la superficialité n'attend pas, moi non plus. Mon corps grandit, je cours de plus en plus vite et je m'en sers.
Terreur des "1,2,3 soleils", champion de "l'épervier-sortez". C'est la reconnaissance de la cour de recré. Histoire de prouver qu'on est pas qu'un grand maigrichon mal habillé qui connait plus de 150 capitales. On a pas le choix quand on est pas une star du foot.
Et puis le privilège de pouvoir attraper toutes les filles à "chat-bisous" était non-négligeable.

J.O d'Atlanta 1996: Michael Johnson en 19.32s sur 200m. Plus grande performance sportive de tout les temps. Premier déclic. J'ai 8 ans.

Je me console en faisant du basket. Comme d'habitude, je n'ose pas le grand saut et choisit la facilité. Pendant ce temps là Christine Arron bat le record d'Europe en 1998 et je l'aime.

Viens le collège. Filles ou garçons, qui ne se souvient pas de ces séances de sprint en cours d'E.P.S? Il y avait toujours un asmathique qui ne pouvait pas courir, une fille avec de trop gros seins qui avait oublié sa brassière, et des connards de pré-ado s'affrontant virilement et ridiculement à coups de chronomètre. J'étais de cette dernière catégorie, c'était mon heure de gloire. [Et puis il y'a toujours une fille qui court plus vite que la plupart des garçons, les profs disent d'elle que c'est une vraie gazelle. J'aimais universellement cette fille, tant que je courais plus vite qu'elle.]

Sydney 2000, c'est l'époque Maurice Greene, dernier grand showman de l'athlétisme. Me voilà parti pour 4 ans de...handball pendant lesquels je passe mon temps à courir plus qu'autre chose; puis à porter haut des valeurs telles que l'esprit d'équipes, la solidarité et autre conneries.
Je "sèche" mes entrainements de hand et passe mon temps à m'adonner à un drôle de passe-temps: la course urbaine. N'étant pas du genre téméraire, je ne pouvais pas être un Yamakasi. Néanmoins j'adorais l'interaction avec le "décor urbain", cela consistait à courir dans la rue pour un oui ou pour un non, sauter par dessus des haies, des voitures, faire exprès de rater le bus pour le rattraper à l'arrêt suivant! (ça je le fais toujours..). Officiellement, je continuais de jouer à la baballe...en EQUIPE.

Athènes 2004. Je passe l'été à faire des crises d'angoisse parce que je ne sais pas en combien de temps je cours le 100m. J'en ai marre de regarder des dopés à la TV et d'idolâtrer des inconnus.

Je veux être mon propre champion.

Septembre 2004 je m'inscris dans un club d'athlétisme et ma vie change pour de vrai.
De 2004 à 2007 j'ai vécu une expérience sans pareil. Je me suis forgé dans tout les sens terme.

J'ai rapidement pris conscience de mes "capacités" comme on dit aux jeunes dans le sport de haut niveau. Des victoires écrasantes, fulgurantes, trop rapides sans doute. Des étoiles dans les yeux. Londres 2012 ancré dans mon cerveau.
On t'apprend à devenir un guerrier. L'hiver, pendant que les lycéens matent une quotidienne de Tv-réalité: tu cours en short qu'il neige ou qu'il vente, à t'en faire vomir. Le week-end tu ne sors pas, tu cours. Les études semblent un défi mental pitoyable en comparaison.

L'esprit de combativité, le dépassement de soi. C'est sans doute le premier acquis.

La prétention, l'arrogance, l'envie d'écraser tout ce qui bouge. Celà vient ensuite. La jouissance de battre des types plus âgés et plus baraqués que moi. Une vraie drogue.
Des défis lancés aux adversaires, l'adrénaline avant les courses, tout les rituels et tics de préparation. Une véritable pièce de théâtre.
Premiers articles dans le journal, stades parisiens combles. On se rêve en bleu.
Puis arrive un moment où l'on tombe sur plus fort que soi. La marche de trop, l'école de la vie. LA DEFAITE. Et puis les blessures, une toute autre histoire.
On relativise. On apprend plus que jamais. L'humilité est de rigueur.
C'est le moment de transformer l'arrogance en confiance en soi constructive. De faire de ses défauts ses principales qualités. C'est bien sûr la même chose dans la vraie vie. Le sport n'étant qu'un simple miroir.

Chaque course est une éternelle renaissance. Un vrai combat. Il y a énormément de masochisme dans le sport de haut niveau. C'est bien parfois ce qui m'a rebuté.
Mais cette sensation de puissance et de liberté est irremplaçable. Le fait de pouvoir atteindre 37km/h sans aucun artifice, avec ses propres jambes, c'est déjà un peu pouvoir voler. Le fait de se dire qu'à peine 150 personnes sur 60.000.000 cours plus vite que nous dans ce pays, c'est grisant il faut l'avouer.



Bientôt un an sans compétition. Je me souviens de ces moments...

Le regard noir fixé sur la ligne d'arrivée. Le 100m comme représentation de la vie. Le départ comme une naissance, la ligne d'arrivée comme fin ultime. Un grand saut. Mon cœur bat à m'en décrocher la poitrine. Les encouragements deviennent diffus, je suis sourd.[Messieurs, en tenue derrières vos blocs] Mon visage ne trahissant aucune expression sauf une extrême tension. Je me frappe les cuisses comme si elles ne m'appartenaientt pas. J'enlève mon survêtement, comme un boxeur enlève son peignoir avant le combat. L'instant semble interminable. Le couloir de la mort s'offre à moi, sans autre échappatoire. Cette course sans virage est terrifiante. Je sais que je vais courir poursuivi par rien et par tout à la fois. J'arrête de divaguer et me concentre à nouveau. [Messieurs, à vos marques]. Je crois mourir de peur et d'excitation à la fois. L'index tendu vers le ciel, parfois un cri d'auto-encouragement. Mes pieds calés dans les starting-block, mes doigts frôlant la ligne. Je suis prêt à vivre. [ Prêts!] Une rangée de doigts à droite et à gauche. L'air est pesant. Silence de mort avant la naissance.
PAN! Explosion de muscles, bruits frénétiques de piétinement. Je suis en mode "auto-pilote". Souffles rauques de taureaux lâchés dans l'arène, guépards courant après une gazelle fixe et invisible. Un 100m se court dans un état de quasi-inconscience. Ce sont juste 11 secondes de réflexes. Et voilà ma satanée habitude de ne pas regarder devant moi, mais à droite ou à gauche pour voir où sont mes adversaires. Preuve que je cours avant tout face aux autres. Les muscles du visage qui se balancent mollement. En apnée, la présence des adversaires est perçue comme une agression au degré ultime. La ligne se rapproche, le but est simple et unique: gagner. On s'arrache on donne tout, les pieds volent sur le sols, les jambes effectuent un ballet millimétré, les bras sont des cisailles industrielles. Les autres, les autres; putain, LUI! On sert les dents, un ultime effort, le buste droit et fier, ischio-jambiers et quadriceps comme fidèle destrier, mécanique infaillible. C'est presque fini, on avance la ligne d'épaule et on bascule dans le monde de l'après-course.
A la seconde où la ligne est franchie, le rideau se baisse, les muscles se relâchent. Sourires ou gestes d'énervements remplacent cet effrayant manque d'expression sur mon visage. Je suis mort et prêt à renaître. Cet instinct animal m'anime.


PS: Bonne chance à mes potes qui participent aux J.O de Pékin. Hugo-Mamba Schlik au triple-saut pour le Cameroun et Lina Jacques-Sébastien au relais 4x100 pour la France...ainsi qu'à moi si je reprends le sprint l'année prochaine.


PPS: 9.69 OHH MY GOSHHH!!!

mercredi 13 août 2008

Bohemian Rhapsody

2008 Bohemian Rhapsody

Bayonneuh!- Foule - Tsunamis - Jacqueline - Anglet - Coma - Méchants - Bretons - Jambon - Piments - Rencontres - Idioties - Euskadi - Camping rudimentaire - Désert de Monegros - 43C à l'ombre - Catalunya - Tarragona - Costa Daurada - Salou - Camping 5 étoiles - Plus de piscines que de doigts sur une main - Mauvais tapas à l'aïoli - Ambiance de beaufs - Français moches et vulgaires - Vieux riches - Méditerranée - Eau sale mais à 28C - Port Aventura - RollerCoaster - Sensations fortes - Dépucelages mentaux en tout genre - Barcelona - Revelation - Amsterdam du Sud - Mojitos sur La Rambla Raval - Métropole cosmopolite européenne comme on les aime- Sagrada Familia très laide - Tibidabo hauteurs de BCN - Putes Ivoiriennes - Hostal - Tapas succulents - "Me gusta tu pelo" - DeSiGual No Es IgUal - Bracelets en Laiton - Sarouels d'occasions - Trilinguisme - Donuts - Costa Brava - Scaramouche Scaramouche - Pas de violence c'est les vacances - Crique Sauvage - Belle Etoile - Turquoise - Absinthe - Koh Lanta - Reggae (ton...) - Mosquitos de puta madre - Peau caramelisée - Plongée sous marine - Veillées nocturnes sur la plage abandonnée - Clichééééé (et alors?) - Hasta Luego - Pyrénées - Virages - Bergers - Vallées - Andorre - Consumérisme marrant - Jägermeister (cf Death proof) - Principauté fantoche fantastique - França -

REVEIL

vendredi 1 août 2008

Summer Madness





De la nuit NOIRE surgit l'été.

Période véritablement à part entière, stéréotypée, sucrée. Une vraie coupure. Non l'été n'est pas juste une continuation de l'année en plus chaud. C'est une tranche de vie cyclique.

Enfin bref, on s'en fout.
Don't be so GREY.
Soyez illicites, démesurés, dévergondés: là est la véritable tendance de la saison.
Pas de prises de têtes. Le moins de béton et de travail possible.
Pas de Paris ou autres métropoles cosmopolites. Soyez fluviaux à défaut d'être balnéaires. L'eau devient "the place to be".
Pas d'ordinateurs. Pas de bouffe dégueulasse.
Attention au burnout, ne pas trop réfléchir. Faire l'amour à défaut de rien.
Regardez The Royal Tenenbaums ainsi que Death Proof en boucle en dégustant une Häagen-Dazs.

DANSEZ! Rien à foutre de la musique concrète. Dansons sur de la musique qu'on aime.


Faites du sport c'est les J.O.

Eteignez la Télé MERDE!! Ce truc là attire toute sorte d'ennuis. (flashback été 2007: Non je ne porte pas ce genre de T shirt décolleté mademoiselle: [PAS MOI]).

Troquez le café pour le Perrier. Arrêtez d'écouter de la soul plaintive: passez au Funk. Ne lisez pas un livre sur la misère humaine dans votre chambre, feuilletez un magasine dans un parc.
Copulez dans des endroit bucoliques, accordez vous des mojitos, mangez 5 fruits et légumes par jour.

En fait, faites ce que vous voulez.

En tout cas, moi j'me casse!

Funk-You All! [Souriez, VOUS êtes vivants!]