samedi 13 décembre 2008

Je parles aux chats, laissez moi tranquille, ils me comprennent, je vois leurs petits yeux qui scintillent








Pas de nouvelles, bonnes nouvelles.
Pour une fois, une citation pas trop conne. C'est vrai ça, je sais pas si vous avez déjà remarqué l'idiotie d'adages tels: "l'habit ne fait pas le moine" ou "la curiosité est un vilain et faux". Mais dans la vraie vie en 3D, celle en chair et en os: toute personne qui ne se fie pas aux apparences ou qui ne fait pas montre d'un brin de curiosité est condamnée à une mort sociale et intellectuelle dans les plus atroces souffrances. Elle serait un quiproquos sur pattes. Le conseil du jour sera donc: intéressez vous aux autres, mais jugez les aux premiers abords!

Sinon, qu'est-ce que je deviens? Ça vous intéresses vraiment?
Et bien tout d'abord: je ne blogue plus. C'était une parfaite distraction estivale. C'est un peu comme faire du squash un mois d'aout, on n'en fait pas forcément un hobby ad vitam aeternam, on ne prend pas forcément la licence pour la saison 2008-2009, mais de temps en temps, une petite partie un dimanche matin pluvieux, c'est pas de refus.

Qu'est-ce que je fous à la place alors pardi? Je pourrais vous dire que j'ai décidé "de vivre mes rêves au lieu de rêver de vivre", mais je perdrai alors pas mal de lecteurs ainsi que mon amour propre. Étant donné que le nombre de lecteur de ce blog est à peu près équivalent au nombre de filles du Dr March, ce serait une très mauvaise opération marketing.

Non, plus concrètement, je continue de bosser dans un cinéma décrépi qui ne met toujours pas la clé sous la porte malgré l'ouverture d'un Multiplexe Gaumont "le-plus-cher-d'Europe-avec-intérieur-Christian-Lacroix-tu-peux-pas-teste". Mais non, mon humble entreprise survit. En commettant nombres de crimes contre l'humanité, à savoir: passer High School Musical 3 pendant 1 mois et demi et donc rameuter 90% des pucelles jouvencelles à voix de crécelles en phase "d'oestrogénisation intensive" de ma chère ville. Et d'autres crimes d'ampleur internationale comme passer Burn After Reading en...Version Française!!!!

[J'écrirais un article sur mon cinéma]

Non, plus concrètement je festoie le plus possible, dans la limite du déraisonnable, because j'ai 20 ans et le discours carperdiemo-hédoniste classique blablabla ect. Bien sûr c'est faux. N'empêche que le week-end dernier j'ai été aux TRANSMUSICALES de Rennes. Et ô surprise, ô cassage de cliché, ô remise en question: c'était très bien! Je m'attendais à un truc où des dizaines de milliers de bouseux sous LSD agiteraient leurs membres de façon désordonnée. En fait c'est l'extase et des filles aux gestes harmonieux dansent désespérément avec les larmes aux yeux, ce soir c'est nuit blanche , demain c'est dimanche, certainement les meilleurs moment de notre existence. Et puis du très très bon son, pour peu qu'on arrive à jongler avec la programmation, et les différentes scènes. Exercice des plus périlleux au fur et à mesure que les verres deviennent plus nombreux que le nains dans Blanche-Neige, voire que les Travaux d'Hercule...
Bon bien sûr, il faut pas avoir envie d'un truc cosy-intimiste-jazzy-soul, et faut pas être 2, mais pour des gens en recherche de sensations fortes mais pas sales, ou tout simplement des groupes qui perceront l'année suivante c'est ICI que ça se passe. See you next year!

[Je ferais un article sur la musique, ou la fête, enfin un truc marrant et bateau quoi.]

Non, plus concrètement j'étudie. Je suis maintenant passionné par l'Histoire de l'Afrique et j'ai accessoirement entamé la lecture de Naissance et déclin des grandes puissances de Paul Kennedy, sûrement très intéressant, mais ça fait 1000 pages en poche, écrit petit, et sans images putain! J'espère en avoir terminé avant la prise de fonction d'Obama, sinon j'en ferais un joli cale-porte.

[Je ne ferais PAS d'article sur l'Histoire ou la Géopolitique, c'est bon j'ai compris.]

Non, VRAIMENT plus concrètement mon esprit se rapproche du Japon un peu plus chaque jour. Un amour qui dure depuis des années, qui s'exprime dans à peu près tout les domaines de la vie, au-delà des clichés sur le pays du soleil levant. Bon okay, Tokyo c'est TROP hype,c'est un Colette géant avec des couleurs criardes en prime, c'est pas très original car t'as au moins 3 types dans ta promo qui y vont en février, t'as été malade avec un sashimi à l'otoro, tu en as marre que ton petit frère regarde Dragon Ball Z sur MCM, tu déteste cette société consommatrice et tu préfères aller t'enivrer d'encens en Inde ou acheter un bonnet en laine de lama au Pérou. Saches que tu as tort lecteur.
Le Japon c'est un peu comme Sega: C'est plus fort que toi!

[Je ferais un article sur le Japon, et plutôt deux fois qu'une, vous n'y échapperez pas!!]

Ah et puis sinon, j'ai l'esprit tourné vers la danse, j'attends le 1er Mars avec une impatience puérile.

[Je ferais un article sur la dan...! Hey mais c'est déjà fait bande d'ingrats!]

Mémo à moi-même: l'article court et percutant, c'est plus efficace et grand public.

Ah, et j'allais oublier...JE SUIS EN VACANCES. Bah oui, sinon j'écrirais pas si vous avez bien suivi.

Voilà, je poursuis "mon petit bonhomme de chemin" petit à petit, les bœufs avant la charrue.



jeudi 30 octobre 2008

F.R.E.S.H!

Non, je ne laverai pas ce T-Shirt avant qu'Oboma ai vaincu Mac Haine! J'attendrai 4 ans si il le faut. I hope not...

PS: un jour je reviendrai!!!! Un jour...

jeudi 11 septembre 2008

L'AFRIQUE...histoire de.


Aujourd'hui c'était la rentrée. Enfin, les "inscriptions pédagogiques". Moment crucial si il en est.
Troisième année de licence d'Histoire, parcours Sciences Politiques, option Communication Rédactionnelle. Jusque là, tout roule.

Je n'attendais qu'un moment. M'inscrire à ce cours dont on m'avait tant parlé depuis des années, celui qui allait occupé mon esprit passionné et boulimique pendant au moins un semestre, qui allait même sûrement susciter un intérêt irréversible: l'Histoire de l'Afrique.
Etant à peu près le seul de ma promo à ne pas avoir besoin de crème solaire indice 50 pendant l'été, mon enthousiasme était isolé. Pas grave. J'étais motivé plus que jamais, car plus on avance dans la Licence et plus les options sont alléchantes.
Déjà l'année dernière j'étais passé à côté de l'Histoire de l'alimentation, mais avait été un des seuls hommes à avoir sauté à pieds joints dans l'Histoire des Femmes. Côtoyer une vingtaine de féministes en herbe fût une expérience enrichissante, sympathique et surtout...très drôle.

Mais là il s'agissait d'Histoire de l'Afrique! Un des cours les plus intéressants potentiellement. Car l'intêret de la fac, c'est la possibilité d'une réelle érudition. On peut vraiment fouiller un sujet en utilisant des sources qui ne sont pas forcément les plus évidentes, les plus officielles. Chose quasi impossible dans les écoles ou IEP, trop généralistes, trop formatés (?). Pouvoir comparer le discours d'un français révisionniste, d'une socialiste philanthrope et africanophile, d'un érudit africain formaté par la Sorbonne, ou bien d'un acteur social ou politique africain non perverti: c'est passionnant.
L'important c'est juste que le professeur ne tienne pas un discours post-esclavagiste/ colonialiste (l'Afrique comme un zoo, ethnographie/anthropologie à grand papa façon IIIè République) ou encore pire: un discours manichéen qui victimiserait l'Afrique (pauvres Noirs, Méchants Blancs). Mais après enquête, le prof des années précédentes semblait tout simplement PARFAIT.

[...] Le professeur responsable de la filière prend la parole: " Donc comme vous l'avez sûrement constaté, les Enseignements Fondamentaux n'ont pas été modifiés. Ah, oui, sauf l'Histoire de l'Afrique qui a été remplacée par un cours de...COLONISATIONS COMPAREES."
Mon sang n'a fait qu'un tour: une image c'est immédiatement ancrée dans ma tête.
>>
Soit disant la fac la plus ouverte d'esprit, la plus "socialiste", la plus rebelle et anticonformiste de France. A la base de la lutte anti-CPE, à la base de la lutte anti-LRU. Bastion anti-capitaliste et un peu anti-tout, défendu par des fils de soixante-huitards en keffiehs, bière dans la main droite et Marx dans l'hémisphère gauche du cerveau. Et bien le rouleau compresseur Pécresse-Sarkozy a fini par en venir à bout.
Et tout d'un coup "Rennes 2 la Rouge" s'est teintée de bleu...un bleu ROI.

vendredi 5 septembre 2008

Absolument relatif.


Comme dirent naguère de grand philosophes: "Le cul c'est bon! Et si le cul c'est bon mais que le cul c'est mal. Alors le mal? LE MAL C'EST LE BIEN!"

Il semblerait que l'existentialisme soit un humanisme. Inversement égal, proportionnel et équilatéral.
Donc si j'ai bien compris ce escroc coquin de Jean-Paul: l'humanisme existe en sa liste, l'existentialiste est animaliste.
L'homme étant condamné à la liberté (enfer et damnation!), l'existence précédant l'essence (thèse ayant tendance à s'inverser proportionnellement avec l'augmentation du prix du baril), dans le mesure où Dieu est mort, où chaque homme est responsable de ses actes devant la cour martiale de sa conscience, mais reproduit les conneries du passé dans un schéma cyclique.
De plus, l'hindouisme et le bouddhisme étant cool.
J'en arrive, après une profonde introspection, la consultation de mon poster de Tupac, la lecture parallèle de Sartre et de Houellebecq ainsi que de la quatrième de couverture de mon livre de philo de term', 3 verres de rhum et un grand manque de sommeil, à la conclusion positive et optimiste suivante: No one.Ever.Really.Dies.

Un chat retombe toujours sur ses pattes.CQFD.

vendredi 29 août 2008

Music Makes Me Loose Control








Danse
, n.f: Enchainement de pas et de mouvements du corps effectués en rythme sur une musique.

Là-dessus je pense que tout le monde est d'accord. Néanmoins qu'est-ce qui définit un bon danseur d'un mauvais? La danse est sans doute l'art le moins palpable, le plus subjectif. Car même si on pourra toujours juger le côté technique, il s'agit avant tout d'un question de feeling, de communication corporelle. J'ai toujours cru comprendre que les danseurs savaient parler une langue à part entière, voulaient nous faire passer un message...


Bien sûr, pour ceux qui on un peut suivi l'histoire: petit, je voulais être athlète. Çà c'était mon rêve plausible, réalisable, logique. Mais quand on est jeune, il y a toujours une catégorie de personnes que l'on place au-dessus du lot, sur laquelle on est incollable, que l'on admire comme des demi-dieux. Moi c'était les danseurs hip-hop.
Tout le monde a un jour ou l'autre admiré des breakeurs dans leurs acrobaties multiples, moi le premier. Mais très rapidement, j'ai compris que ce n'était pas là que je trouverait ma source d'inspiration ultime. J'aspirais à plus de grâce, moins de force brute. C'est donc vers la danse hip-hop debout que je me suis tourné.
Malheureusement je n'ai jamais été, et ne serais jamais un danseur. J'ai mis 5 ans à me lancer dans l'athlé alors que j'avais tout pour réussir, alors n'imaginez pas que j'allais devenir danseur alors que je que ma réserve de talent artistique est fortement limitée. Alors comme souvent, comme presque TOUJOURS: j'ai observé.


Oui j'ai vu de la danse, avec boulimie. A 13, 14 ans les seules soirées auxquelles j'avais le droit d'aller c'était les battles de hip-hop. C'était notre seul échappatoire à la linéarité de l'emploi du temps scolaire, les autres avaient leurs matches de foot du samedi soir ou leurs concert de Kyo, de Tryo, d'Oxmo Puccino, ou d'autres conneries qui finissent en O. Nous on s'enfermaient dans des salles de MJC pour voir nos idoles à nous. Les premières fois, c'étaient sous la surveillance de parents un peu inquiets, mais qui on vite compris qu'il y avaient moins de gens mal intentionnés dans un spectacle de danse que dans un concert de pop pour ados.
Ayant eu la chance de connaitre la période d'effervescence de la danse à Rennes, au tournant des années 2000, on parcourt de plus en plus de kilomètres pour suivre des danseurs dont la renommée devient parfois mondiale. Ça m'a toujours fasciné d'avoir des types de mon quartier ou même de ma classe, aller faire un show à Tokyo, Séoul, L.A ou Miami. Mais il le faisaient avec autant d'émerveillement que nous, c'étaient encore des gosses, des vrais, pas les BB Brunes...

La danse debout ce n'est pas le "smurf" ou "faire le robot", mots à bannir de votre vocabulaire illico presto, merci. Non, la danse debout c'est un art à part entière. Présent depuis bientôt 40 ans, puisant dans des origines plus lointaines que le sacro-saint breakdance new-yorkais. Les vieux funkystyles: le poppin', le locking' et le boogaloo sont des vraies institutions, surtout outre-atlantique. Je ne vais pas vous compter leur histoire, Wikipédia le ferait encore plus mal que moi, je vous conseille de vous entretenir avec un danseur expérimenté qui dansait déjà au siècle dernier, la passion dans son récit retiendra votre attention.
Il est très réducteur de mettre toutes les danses debout dans le même sac, mais cet article est déjà assez long comme ça.
Ce qui m'a toujours fasciné dans ces danses, c'est l'état d'esprit. C'est vraiment Funky. Et pour une fois, ce terme est employé à bon escient. On peut y observer une réelle survivance 70's/80's. Ce sourire accroché au visage des danseurs, cette expressivité, ces mouvements de bassins, cette fausse naïveté, ce positivisme typique de la période. Cette façon de connaitre chaque "micro-beat" de toutes les chansons de Funk et d'y apposer le mouvement adéquat. Un amour inconditionnel de la bonne musique, un véritable sens du spectacle où le sol devient scène.

On aurait pu reprocher à ce mouvement artistique un côté élitiste, sectaire, avec cette tendance à intellectualiser la danse. Un mouvement qui diffère beaucoup de la scène breakdance, mais les deux reste avant tout du hip-hop, avec les mêmes valeurs absolues. Toujours est-il que je conseille vivement à tout le monde d'essayer de cerner cette mouvance d'un peu plus près. Les néophytes ne doivent pas craindre de franchir les portes d'un battle.

Bien sûr on ne peut pas parler de danse sans parler de l'evènement mondial: LE JUSTE DEBOUT annuel. Depuis cette année, l'événement se déroule à Bercy devant des milliers de spectateurs. Perdant pour beaucoup son côté underground qu"il avait les années précédentes.
J'ai toujours trouvé ça idiot cette notion d'underground. Ça bloque énormément de chose dans l'art. Bien sûr que l'ambiance est meilleure dans une petite salle où tout le monde est proche des danseurs. Mais la seule façon d'exporter les valeurs d'un mouvement est de le porter sur le devant de la scène et d'en faire la promotion et déformant les valeurs originelles le moins possible. J'emmerde l'underground, un des concept les plus idiots de l'art contemporain. Je me le permet parce que j'ai fréquenter les salles crasseuses de quartier plus que certaines autres. Croire que les types qui dansent dans les caves, qui chantent devant leur potes ou qui dessinent sur leur bureau n'aspirent pas à plus de reconnaissance: c'est une connerie bobo.
Surtout que le Juste Debout fût un superbe show, quoique d'une longueur déconcertante pour beaucoup (à peu près 12h de danse non-stop); on y retrouvait les plus grands danseurs de funkystyle ainsi que de la HouseDance et du NewStyle. L'esprit de la danse n'y était pas déformé tant que ça, même si on peut regretter la distance (pas seulement physique) qui séparait alors les spectateurs des danseurs. Car dans un "vrai" battle, tout le monde est plus où moins acteur à son échelle. Malgré tout, je conseille vivement à tout le monde d'y aller en 2009, muni de RedBull, de caféine ou pire, et surtout: d'un amour pour la danse.


Voilà, j'ai écrit à peu près 4% de ce que je voulais dire, résumer n'est pas mon fort. Je vous laisse donc avec de la danse en vidéo. Faites un effort, je sais que les vidéos ça peut rebuter, mais là il s'agit d'un propos qu'on ne peut saisir si il n'est pas illustré en mouvement. (Vidéo qui reflète plutôt symboliquement que représentativement ma passion pour la danse debout):


- 1 cours passage du popper Richard (qualité vidéo faible), 1 passage du Rennais Iron Mike, dont on reste les premiers fan. Danseur atypique, très grand technicien.

- 1 passage des Twins Criminalz en NewStyle au JD 2008. Ceux qu'on a accusé de "MTViser", de "Rize-ifier" la danse, on tout de même retourné Bercy.
-Comme tout bon évènement funky, on fini avec un Soul Train!! Le Soul Train, c'est la quintessence de ce que j'aime. Au niveau musical, au niveau vestimentaire, au niveau capillaire au niveau humain. Certains de vos parents pourraient pleurer de nostalgie en voyant ces images. Moi je pleure de ne pas avoir vécu cette époque. Ça représente pour moi ce qu'est le Funk, ce qu'est la danse, voire la vie. Des noirs, des blancs, des jaunes, des grands, des petits, des gros, des pauvres, des riches, des blonds, des gays, des cadres, de dealers de cracks, des transsexuels, la West Coast, la East Coast, tous unis dans le même but: faire la fête dans ce Soul Train. Faire en sorte que ce train ne déraille jamais, c'est un peu aussi ma mission.





jeudi 21 août 2008

Usain Bolt est grand.


9.69 c'est énorme, 19.30: c'est surhumain. J'en suis encore secoué. J'ai pourtant le souvenir de Johnson à Atlanta 1996..mais là c'est autre chose. J'avoue que je voyais Bolt en 19.40, c'était le sous-estimer.

Enfin bref, je ne vais pas m'attarder sur un sujet qui va être rabâcher par les médias pendant des semaines. Car je ne vois pas ce que je pourrai y apporter de plus, si ce n'est un zeste de passion et d'admiration saupoudré de quelques données biomécaniques.

Seulement, l'homme le plus rapide du monde aura toujours à mes yeux un statut de super-héros.
Ce "petit Bolt" que je suis depuis des années, quand j'y repense ce type était mon mot de passe MSN il y a presque 3 ans; je vouais déjà un culte à son talent précoce. Tout observateur avisé se doutait depuis plusieurs années que Bolt allait exploser. Seulement entre avoir un potentiel et l'exploiter jusqu'au bout il y'a un grand pas que Bolt a franchi à presque 40km/h, très élégamment en plus.

[Je ne raccrocherai pas les pointes avant d'être à moins d'une seconde du record du monde. 10'69 pour moi l'année prochaine ou rien. Ça aurait dû être fait depuis longtemps.
Je ne jamais eu autant envie de recourir!

Une passion ne peut pas restée enfouie bien longtemps dans le cœur d'un passionné.]

mardi 19 août 2008

This is kinda GrOtEsQuE! D'ya know wadamin? [entracte provisoire]



"Je suis une grande romantique." C'était son argument ultime, sa parade universelle face à toutes mes attaques. Oui, j'étais du type offensif. Pas le genre de bout-en-train à lancer des vannes grasses soutenues par une voix de baryton. Plutôt du genre à distiller ça et là des petites piques invisibles à l'œil nu. Un acupuncteur verbal, pince-sans-rire de surcroit. Un poison conjugal, un saboteur social.
Je le savais mais n'y pouvais rien. Je n'étais pas foncièrement méchant pourtant. Mais idéaliste et comas idylliques ne font pas bon ménage. Les stigmates sont tenaces chez l'homme malléable, ancrées comme un trace de doigt dans de la pâte à modeler qui aurait séchée au soleil.

Aigri? Non, je n'irais pas jusque là. Seulement je n'avais plus cette enthousiasme naïf de mes 20 ans. Cette force sourde qui vous pousse vers l'avant à toute vitesse, ce moteur qui vous lâche en plein milieu de l'autoroute de la vie.
Elle était "une grande romantique". Je me rappelle de la première fois où elle avait prononcer cette phrase. Je lui avait demandé si elle était fan des Boys 2 Men ou de Slow Jams mielleux. Elle m'avait répondu très sèchement avec son accent du Tennessee dissimulé temps bien que mal : "darling, je te parle de romantisme au sens classique, dans l'acception Chateaubriandesque du terme".
J'avais éclaté de rire, pour la première et dernière fois. Une de nos plus fameuse disputes. Les américains n'ont pas le sens du second degré.
Dès que je la contrariais sur un sujet intellectuel, elle me parlait d'un certain professeur de littérature qui enseignait à Paris 2 Panthéon-Assas ( sorti de sa bouche je n'avais jamais entendu un mot comporter autant de S!). Elle était incapable de dire simplement: la fac.
Je crois que je ne l'aimais pas. Seulement j'étais du type passif, résigné. Je faisais avec.
Jusqu'à ce jour fatidique.
Elle m'annonçait qu'elle avait une envie de Belgique. Envie à laquelle je répondis maladroitement, j'en conviens: "envie de Léon à Bruxelles ou plutôt de Jeff à Bruges? Non, d'Ann Demeulemesteer. Ce nom m'évoqua tout simplement un fromage. Nous étions de deux monde différents.
Cette histoire pris fin dans ce Thalys de 10h42 pour Bruxelles-Midi, alors que je laissais filer vers se plat pays mon américaine à la chevelure épaisse avec pour seuls bagages: sa blondeur, sa beauté glaciale, ses traits réguliers, sa rigidité cadavérique et ses larges hanches. Adieu ma Frigide Barjot! Adieu, je ne serais plus jamais le ying de ton yang; à moins que ce ne soit le contraire.
Je lui envoyait un ultime et pathétique baiser, qu'un agent de quai flamand interpréta pour sa propre personne.
J'étais le genre de type qui rattrapais les filles par le bout de la manche quand elles s'en allaient, boudeuses, loin de moi. Je cédais facilement, la vie avait fait de moi un suiveur. Mon amour propre était comme mon cordon ombilical, j'ai pleuré et saigné quand on me l'a coupé, sa disparition a laissé des traces indélébiles, il a fini à la poubelle et je ne l'ai plus jamais revu. Je me devais donc de fermer le rideau avec autant de classe que je l'avait ouvert.
Oui car j'avais séduit ma belle grâce à la fameuse et infaillible "technique de Mufasa" qui consiste à regarder Le Roi Lion avec sa future proie et à la consoler de façon très affectueuse à la mort du père de Simba. Infaillible. Une grande, TRES grande romantique je vous dis. J'avais encore une botte secrète pour la rattraper: la fameuse tirade de Perdican. Je n'ai pas fais les choses à moitié, car on ne badine pas avec l'amour.
J'ai laborieusement découpé des grosses lettres dans un tas de magasines et lui ai envoyé ce qui suit. Que ce fût long!
"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."
Elle n'a jamais répondu. Je la croyais pourtant GRANDE ROMANTIQUE. Je n'avais pas compris cette femme, plus étrangère que jamais. Je n'avais sûrement pas saisi la nuance, le sens CHA-TEAU-BRI-AN-DESQUE! Avec l'accent du Tennessee siouplait!