mardi 5 mai 2009

Parachute Ending


Aïe!

J’ai fermé les yeux, virevolté, ri et dégurgité pendant trois mois. Aujourd’hui, me voilà nez à nez avec des partiels imminents. Ils sont encore plus moches de près.


J’aperçois ces jeunes historiens qui marchent frénétiquement dans les couloirs, l’œil trop vif pour être en paix, ils souffrent, surchargés de grimoires encyclopédiques sales, et chiants. Leur angoisse n’est pas communicative, je sais pertinemment que j’aurais mon année, peu importent les conditions car c’est comme cela que ça doit se passer. Et que ça se passe toujours. Inlassablement.


De toute façon, mon esprit est occupé à des questions existentielles bien plus importantes que la justice royale à l’époque moderne.



En effet, dans quelle poubelle du tri sélectif vais-je jeter mes Ray Ban Wayfarer ?Faut-il les remplacer par des Ray Ban Clubmaster, comme les gens risquent de le faire massivement d’ici peu ?


Ne serait-ce pas plus pertinent de briser la routine avec des Persol ou des Cazal ? Ne vaut-il pas mieux s’en foutre parce que je marcherai inévitablement dessus après 5 mojitos cet été ?


Et mes prochaines sneakers, j’ai décidé que ce ne seront plus des Supras. Mais alors, dois-je me tourner vers le classicisme un peu street des Clae Thompson ou vers l’extravagance transalpine des Dicoco Lo de chez Creative Recreation ?


Quant à mon blazer bleu à boutons (voire à rivets) dorés, je le vois parfaitement quand je ferme les yeux, mais il reste introuvable dans les rayons des magasins. Est-ce un rêve ?





Après ce réquisitoire sans concessions contre la vie et ses épreuves insoutenables, j’en conclu que l’existence doit cesser d’être envisagée dans une optique fatalement nihiliste, dans l’acception nietzschéo-heideggerienne du terme, cela va sans dire.


Le vide est une ineptie aussi grande que la critique infondée du capitalisme. La décadence n’est pas seulement une quête de la rédemption, c’est un mode de vie. Mais un mode de vie con. Aussi vrai que Ben & Jerry’s est une imposture glacière. Aussi vrai que ce qui sépare les jeunes des vieux, c’est le fait d’humecter son doigt avec la langue avant de tourner les pages.


La maturité serait donc la capacité à tourner la page en inventant toutes sortes de stratagèmes, aussi incongrus paraissent-ils. La fin justifie les moyens. Il parait.